Gardien des Secrets

De Warhammer - Age of Sigmar - Lexicanum

Les exterminateurs de Slaanesh, les noceurs du calvaire, les ignobles, les escrocs de la chair, les grands cornus.

Gardiensecret.jpg
La passion, le plaisir, la douleur et l'inspiration ; tels sont les domaines de prédilection du gardien des secrets. Les démons majeurs de Slaanesh incarnent l'expérimentation à outrance et le désir exalté, concepts intimement liés à la chair. Ils ont beau être repoussants et horribles, ils fascinent les mortels par une allure monstrueuse, selon un phénomène que rien ne peut expliquer.

Les ignobles représentent ce qu'il y a de plus licencieux. Ils vivent pour provoquer les sens, créer, expérimenter et se vautrer dans les caprices passionnels des mortels. Ils savent aussi émousser l'esprit, au point qu'il devient presque impossible d'apprécier ce qui ne relève pas de l'extraordinaire. Ils sont la douleur de l'échec, l'agonie de l'excès et tout ce qui pousse les mortels à oser les actes les plus fous pour fuir l'ordinaire.

Tel le danseur, le noceur du calvaire se déplace avec une grâce presque liquide, virevoltant aussi légèrement que les doigts des amants sur la chair. Où qu'il se présente, tout devient possible. Mais derrière lui, il ne laisse que l'angoisse et l'agonie, aussi palpables et douloureuses que la pointe du couteau. Et tous ceux qui ont connu ces sommets de plaisir sont ravagés par le désespoir et la sensation de vide, tentant désespérément de s'extraire de leur existence terrestre sur la voie illusoire des promesses des grands cornus, bercés par la mélodie ensorceleuse du rire de Slaanesh.

Manifestation

Dès qu'un ignoble apparaît en ce monde, les tentacules de la volonté de Slaanesh peuvent se déployer, portés par les Vents de Magie pour supplicier et tourmenter les mortels sur des kilomètres à la ronde. Chaque chose est en proie à un frémissement impie, un désir latent qui ne demande qu'à s'exprimer. Les mortels se retrouvent en nage, le cœur battant la chamade. Les animaux se montrent fébriles et violents, les chevaux s'agitent dans leur écurie et tiraillent leur harnachement. Les armes se mettent à vibrer d'une énergie invisible. Le bois frémit et se tord. Les arbres crissent et la terre bâille pour faire jaillir des torrents d'eau pleine de vie, issue de ses profondeurs. Les inhibitions s'évanouissent, les loyautés ancestrales s'oublient et les liens de confiance faiblissent. La passion emplit le cœur et l'esprit de chacun et ceux qui ne la contiennent pas s'y abandonnent sans la moindre retenue.

Mais l'influence du gardien est loin de se limiter à ces picotements physiques. Les peintres montrent une inspiration enfiévrée, esquissant et dessinant frénétiquement, pour produire des chefs-d'œuvre insoupçonnables. Les lèvres des poètes délivrent de magnifiques vers qui évoquent parfaitement le plus grand chagrin ou le désir le moins pudique. Les chanteurs offrent des mélodies d'une telle beauté que ceux qui les entendent en meurent le cœur brisé. Le démon hante les rêves des mortels de visions si magnifiques qu'ils se débattent en se lamentant de l'impossibilité d'atteindre la perfection de ces cauchemars. a leur réveil, ils errent dans la mélancolie, accablés par ce désir insatiable.

Plus le démon se rapproche, plus ses effets se précisent. L'artiste peint avec son propre sang, le poète s'arrache les yeux dans le seul but de connaître la véritable obscurité, le chanteur s'étouffe en voulant s'extraire de l'imperfection à laquelle le condamnent ses cordes vocales de mortel. Le monde semble s'adoucir, présentant des couleurs chaudes et des formes harmonieuses, rondes et scintillantes, tandis que les lames s'affûtent, les émotions s'intensifient et l'esprit s'embrase vers la folie.

Les gardiens rient et se réjouissent de tout, exhortant leurs esclaves à commettre des actes de plus en plus audacieux. L'escroc de la chair sait jouer de tous les instruments, il sait tout dessiner et celui qui l'entend chanter est condamné à perdre son âme. Son rire est à mi-chemin entre le ricanement d'une femme sans-cœur et l'hilarité d'un enfant innocent. Il assassine sans arrière-pensée, sans compassion et sans remords, juste pour le plaisir de voir le sang éclabousser et d'entendre le timbre de la voix du mourant. Brillants et capricieux, les ignobles s'adonnent à toutes sortes de fantasmes avec un abandon parfaitement égoïste et cruel, sans se soucier le moins du monde de ceux qu'ils font souffrir.

Aspect

La vue d'un gardien des secrets est une expérience traumatisante. Il se présente sous la forme d'un être androgyne à la stature improbable. Il est doté de quatre bras, dont deux se terminent par des pinces, qui s'agitent et invitent chaleureusement à le rejoindre pour danser au rythme du plaisir et de la douleur engendrés par les excès des mortels. Ses énormes yeux aux allures de gemmes renferment les secrets de l'extase et de la souffrance, les mystères de la luxure et des pulsions les plus terrifiantes. De sa peau aux teintes douces émane un musc stupéfiant qui exacerbe les sens, réjouit l'esprit et insinue des sinistres envies irrépressibles dans l'esprit et le cœur des mortels.

Sa tête parfois humaine, parfois bestiale, est encadrée de cornes recourbées qui luisent d'un éclat huileux. Une langue serpentine frétille entre ses dents acérées, comme pour goûter l'énergie perverse qui charge l'air. Sur la partie gauche de son torse, se superposent plusieurs seins hypertrophiés, telles d'obscènes tiques. Le monstre se tient sur de puissantes jambes terminées par des griffes presque reptiliennes. Le gardien foule la terre, vêtu d'un costume élaboré aux couleurs étranges, fait de matériaux exotiques, allant de chaînes dures comme l'acier aux velours les plus soyeux.Aussi horrible soit-il, on ne peut s'empêcher d'admirer le grand cornu, quel que soit l'acte ignoble qu'il est en train de commettre.

Pouvoirs

Quand apparaît le gardien des secrets, tout espoir s'envole. Sa présence dévaste l'esprit des mortels qui l'entourent, son charme démoniaque réduisant leur capacité de concentration. L'ignoble danse à travers le champ de bataille, survolant les régiments et les héros en puissance. Il exulte à chaque claquement de pince, mêlant son rire aux hurlements des mourants.

Qu'il soit ou non en train de combattre, le gardien des secrets domine les mortels de ses manières d'un autre monde. Ceux qui succombent au charisme de l'escroc de la chair sont prêts à tout pour satisfaire leur maître, oubliant jusqu'aux bases de la décence sous l'influence de son aura.

Mais quand il se lasse de ce petit jeu, l'ignoble plonge bien souvent ses pinces dans la chair de ses esclaves, lentement, pour mieux savourer les derniers soubresauts des organes et s'abreuver de la lueur mourante de leurs yeux, avant de ne laisser derrière lui qu'une charpie sanguinolente. Ce sort est probablement préférable à celui de ceux qu'abandonne le grand cornu, car l'être qui a côtoyé ce monstre ne pourra jamais retrouver ces sensations de sublime extase.

Source

Warhammer JDR Tome de la Corruption